La flavescence dorée, le nouveau phylloxéra?

En ce moment, on parle beaucoup de cette maladie de la vigne, qui se propage sur notre vignoble français. Mais que savons-nous vraiment ?

Les premières traces de cette maladie se sont limitées à la partie sud de la France, mais voilà que depuis 2000, on note une recrudescence des foyers porteurs de maladie, sur des vignobles tels que la Bourgogne ou la Vallée du Rhône.

Mais qu’est ce que c’est ?

Tout commence avec un mycoplasme appelé Flavescence Dorée en bon français, évitons le terme biologique. (sorte de bactérie très très résistante) qui peut-être présente dans un pied de vigne.

La cicadelle, elle, ressemble à une petite cigale qui se nourrit que de la vigne. Au final, en se nourrissant sur un pied malade, elle devient porteuse de la maladie. Celle-ci l’habite et à partir de ce moment, tout les pieds, sur lesquels elle se nourrira, seront infectés.

cicadelle

Comment se nourrissent les cicadelles ?

Tout le cycle de vie de la cicadelle s’accomplit sur la vigne. Les larves et les adultes se nourrissent de sève par piqûre des nervures des feuilles.

Donc si vous avez suivi, dès qu’elle pique la feuille, la maladie se transmet au cep de vigne.

Quels sont les dégâts ?

Ils sont observables sur les feuilles (chute prématurée, changement de couleur) et sur les inflorescences ( mortalité). Les raisins coulent ou ne mûrissent pas. Et au final, votre cep de vigne meurt. Donc vous pouvez perdre votre récolte et votre vigne.

feuilles de vignes

Les solutions

La flavescence dorée est reconnue comme maladie de quarantaine au niveau européen et fait l’objet d’une lutte obligatoire pour protéger les vignobles.

Aujourd’hui, il n’y a aucun moyen curatif pour soigner les pieds touchés, il faut donc les arracher et aussi exterminer le vecteur de la maladie : la cicadelle.

Ce que les viticulteurs et acteurs de la vigne font :

–          Assainissement des plants (au niveau des pépiniéristes, la lutte s’intensifie et l’identification d’un pied déjà porteur se fait le plus tôt possible)

–          Lutte contre les friches viticoles (là où la vigne a été abandonné à son triste sort, les foyers sont importants)

–          Passage minutieux dans les parcelles de vigne pour reconnaître les pieds contaminés et les arracher le plus tôt possible.

–          Traitement insecticides obligatoires sur des zones délimitées, là où la présence de la cicadelle de la flavescence dorée a été observé et prouvé, afin de tuer les cicadelles présentes.

–          Arrachage des parcelles touchées à plus de 20% par la flavescence dorée et destruction des pieds par le feu.

Effectivement, les solutions ne sont pas des plus réjouissantes pour nos chers viticulteurs.

La question des traitements ?

Les traitements, oui, ils sont nécessaires. (programme de 2 à 3  traitements couvrant la période d’activité de l’insecte). Mais cette lutte par l’utilisation des produits chimiques est toute une problématique pour les viticulteurs bios, qui en refusent l’usage. Aussi, un seul insecticide a été homologué « bio » et se voit efficace pour lutter contre la cicadelle. Mais son utilisation aura  tout de même un impact sur la faune auxiliaire.

Le choix n’est pas simple pour l’ensemble des viticulteurs et ils ne font pas ça de gaieté de cœur.

On touche quand même au fruit de leur dur labeur. La parcelle de vigne non-traitée peut toujours être à la merci de ces petites bêtes et donc une parcelle de vigne traitée sera de nouveau vulnérable. (le rôle du traitement est dit précédemment)

Le traitement est mieux que l’arrachage de la parcelle entière, qui symbolise la perte d’une plus ou moins grosse partie de son gagne-pain.

Mais les produits chimiques utilisés sont toxiques pour l’environnement.

Alors que faire ? Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises solutions. Le choix de chacun est légitime mais l’avenir du vignoble français n’en est que moins certain. Faut-il mettre en péril un vignoble et une profession entière pour défendre ses convictions ?

Et ces petites bêtes, les  cicadelles, ne sont que les vecteurs de la maladie, elles aussi sont des victimes tout comme la vigne, tout comme le vigneron. Le mieux serait de trouver le moyen d’éradiquer la maladie en elle-même et non son vecteur. Pourvu que nos chercheurs de l’INRA trouvent, un jour, la solution.

Nous sommes confronter à un dilemme car nous nous devons de protéger l’environnement. Mais la vigne ne fait-elle pas aussi partie de notre environnement ? Sa protection n’est –elle pas tout aussi importante ? Ne devons-nous pas protéger notre terroir et nos viticulteurs ?

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